



EDITIONS LA MUSARDINE > > >LE PORNOGRAPHE ET SES MODELES
Littérature

« Que Solal et moi baisions ma mère tous les deux ne fut jamais un sujet de discorde; dès la première nuit, j'ai partagé leur couche. Comme elle croyait bon de s'en offusquer, il lui objecta qu'elle s'éviterait ainsi d'inutiles va-et-vient entre nos chambres. Ma mère dormait au milieu, et nous usions d'elle, à tour de rôle ou simultanément, pour notre plus grande satisfaction. En revanche, je ne digérais pas qu'elle eût d'autres amants. Rien n'exaspérait Magda comme les scènes que je lui faisais à ce sujet : "Si Solal me tirait la gueule, je le comprendrais. C'est mon amant. Toi, tu n'es que mon fils !"
C'est par pure gentillesse qu'elle m'avait dépucelé ; elle m'élevait, me nourrissait, m'habillait, et mettait en supplément gratis son corps à ma disposition; peu de mères, à l'écouter, poussaient aussi loin le dévouement.
"Mets-toi dans la tête une fois pour toutes que je ne couche avec toi que pour t'éviter de mauvaises habitudes. Pas pour ton charme slave! Nous-ne-sommes-pas-amants. Tu es mon fils. Rien d'autre." »
Romancier prolifique, directeur de collection aux éditions Média 1000 et Sabine Fournier, Esparbec refuse avec horreur d'être considéré comme un auteur érotique; il se définit comme «pornographe à part entière». Après avoir écrit près d'une centaine « de bouquins de cul », il publie à la Musardine son premier «vrai roman» : un récit autobiographique où il décrit ses amours, avec sa mère, «une authentique nymphomane», qu'il partageait avec ses amants.
Ayant vieilli, l'ancien fils incestueux, loin de se faire ermite, est devenu pornographe. Dans ses livres comme dans sa vie, il traque inlassablement, à travers des «reconstitutions hystériques», les fantômes de son enfance.